À l'assaut du mont Halti

Le 01/03/2025

De Kilpisjärvi au mont Halti

Comme je l'ai expliqué dans mon article précédent, je vais cette fois-ci me lancer dans l'ascension du mont Halti depuis le petit village de Kilspisjärvi. Ascension est un bien grand mot, puisque son sommet (situé en Norvège, à une cinquantaine de mètres de la frontière finlandaise) culmine à 1361 mètres. Il n'empêche qu'en tractant Gertrude (ma pulka) et ses grosses miches, dans des conditions potentiellement rudes, cela ne va pas être de tout repos.

C'est un trek qui s'étend sur environ une centaine de kilomètres. Une cinquantaine à l'aller, et pareil au retour. Selon les sites où j'analyse la trace, le dénivelé positif varie entre 1300 et 1600 mètres sur l'ensemble du parcours. Rien d'insurmontable donc à priori, même si je me méfie de la pente finale. Car avec une pulka, les pentes peuvent vite devenir infernales.

La trace que je vais suivre fait partie d'un itinéraire beaucoup plus long (800km) appelé Nordkalottleden, ou Kalottireitti pour les finlandais. Bien évidemment, moi, je n'en ferai qu'une petite portion. Mais cela veut dire que le chemin devrait quand même être pratiqué et je ne serai certainement pas totalement seul.

Large !

Pour faire ça, je compte large : je me prévois douze jours. Ou plutôt douze et demi. Mais je me connais, le dernier jour, comme je devrai prendre mon bus, je vais éviter tout pépin et je serai à l'arrêt le plus tôt possible.

Ça me fait une moyenne de 8km par jour, ce qui est très peu. J'ai déjà fait des journées à 20km sur la Kungsleden (bon ok, juste une), et je fais habituellement autour de 12 / 15km par jour. Mais je prends en compte plusieurs choses. Déjà, je ne vais pas là-bas pour battre un record de vitesse, mais pour découvrir et espérer ramener de jolies photos ou films à vous montrer. Et surtout, surtout, comme les conditions peuvent se montrer très rudes là-bas, je prévois large au cas où je resterai bloqué par une tempête ou je ne sais quoi.

Puis, si tout se passe bien, que je suis dans les temps, que les conditions sont bonnes, que l'envie et la forme sont là, je me suis prévu un petit itinéraire bonus à rajouter en fin de parcours. En effet, depuis Kilpisjärvi, il est possible de partir complètement de l'autre côté, pour aller dormir près du "Three Country Cairn", le point exact où les trois pays se rejoignent. De là, il me sera encore possible de poursuivre un peu plus loin, en Suède cette fois-ci, en direction du sommet de Pältsan.

Donc l'avantage de compter large, c'est que je pourrai moduler selon les envies et les conditions.

Revenir sur ses pas

Vous l'aurez compris, cette fois-ci, pas de boucle ou de traversée, mon itinéraire est un aller-retour. J'avoue que de premier abord, je ne suis pas très enchanté par cette idée. Le but est tout de même d'avoir la sensation d'avancer, de découvrir de nouveaux paysages.

Mais, j'y vois quelques intérêts. Tout d'abord, au retour, en sachant déjà ce qui va m'attendre, je serai peut-être un peu plus détendu. Il est vrai que d'habitude, j'ai toujours cette angoisse en tête, de ne pas trop savoir où je vais arriver, où je vais pouvoir poser mon camp, sur quoi je vais tomber. Au final, je pense qu'inconsciemment, je me restreins et j'avance vite pour lever ces doutes. Enfin ... "vite" ... tout est relatif hein ! Je me déplace à peu près à la vitesse d'une tortue.

L'autre intérêt, c'est que certes, je verrai moins de paysages, mais ça me laissera peut-être l'occasion de les revoir avec des conditions différentes.

Filets de sécurité

La fois précédente, lors de ma traversée du Finnmarksvidda, je m'étais fixé un objectif clair, que je tenais absolument à atteindre : effectuer le trek en solitaire et en totale autonomie. Pas de refuge, pas de cabane, pas de ravitaillement en cours de route. Et je l'ai fait ! C'est encore à ce jour, je pense, une de mes plus belles réussites. J'en suis extrêmement fier. D'autant plus que les conditions étaient vraiment très rude, avec un enchaînement de plusieurs nuits à -30°. C'était la première fois que je dormais sous tente par ces températures.

Donc voilà ... c'est fait ! Et je ne sens plus forcément le besoin de le refaire. Du moins pour le moment. Tout ça pour dire, que cette fois-ci, je ne me fixe pas de tels objectifs.

Tout comme lors mon trek de 2022, dans le parc Urho Kekkonen, dans le nord est de la Finlande, mon parcours sera bordé de refuges. En gros, un pour chaque soir. Ces fameuses "Open Wilderness Hut" finlandaises, dans lesquelles on retrouve généralement du bois pour se chauffer et du gaz pour se faire à manger. Donc même si mon but est tout de même de camper, je n'exclus donc pas d'aller m'y abriter si l'envie me prend. Sur la fin, j'en aurai peut-être marre de monter / démonter mon camp chaque soir et matin. Ça me prend une énergie folle et beaucoup de temps.

C'est rassurant aussi pour moi de savoir que j'ai ces filets de sécurité, au cas où la météo deviendrait vraiment trop mauvaise.

Mais, j'avoue qu'il y a tout de même une part de moi qui aimerait se prendre des conditions un peu rudes, avec un bon gros vent, juste une nuit, sous la tente, pour voir ce que ça fait, et ne plus avoir à le redouter.

En direct

Comme pour les fois précédentes, vous pourrez me suivre presque en direct sur la partie "live" de mon site. Ici pour la carte, et ici pour les messages envoyés par satellite (même si les messages apparaissent maintenant aussi sur la carte). Ceci est rendu possible grâce à mon Garmin InReach, mon GPS, qui possède quelques fonctionnalités de communication.

Je vous ai mis la carte à jour, donc vous y trouverez tout ce dont je vous ai parlé dans cet article. Mon itinéraire principal, les chemins alternatifs et extra, ainsi que les cabanes où je pourrai trouver refuge le long de mon parcours. Lorsque je serai là-haut et que je vais démarrer mon trek, si tout se passe bien, vous devriez voir apparaitre un point rouge représentant ma dernière position connue.

Garmin proposait jusqu'à l'année dernière d'envoyer les messages directement sur Facebook et Twitter (enfin ... "X"). Malheureusement, ils ont supprimé cette fonctionnalité.

Mais ! Petite nouveauté cette fois-ci : je me suis servi de mes compétences en développement (parce que c'est mon métier à la base), pour que mes messages envoyés depuis le InReach soient envoyés automatiquement en stories sur mon compte Instagram. C'est là-bas que j'ai le plus d'abonnés, alors je trouvais ça intéressant qu'on puisse m'y suivre.

Cela va donner quelque chose comme ça : 

Bon, c'est un peu expérimental, je n'ai pas eu trop d'occasions de tester, donc il faudra être indulgents si jamais ça déconne 😉

Évidemment, je ne serai pas en capacité de vous répondre tout de suite si vous me laissez des commentaires sous ces stories, mais je le ferai après mon retour.

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faut pas croire ce que disent les journaux