Étape 10 : de Saarijärvi à Kilpisjärvi
Ça brasse
Comme il y a du monde dans la cabane, entre les ronflements, les grincements de matelas de ceux qui se tournent et ce genre de chose, le réveil est moins tardif que les jours précédents. Je ne traîne tout de même pas trop pour me mettre sur pieds. Comme je peux avoir tendance à être de mauvais poil au réveil, je préfère finir d'émerger dehors en prenant l'air frais.
Le groupe se lève petit à petit et s'installe pour prendre son petit déjeuner. Il n'y a plus vraiment de place à table et je n'ai pas envie d'être serré comme une sardine. Pas grave, j'attendrai mon tour. La journée s'annonce belle, l'étape n'est pas trop longue. J'ai le temps. Je vais enfin pouvoir voir les paysages que j'ai ratés le premier jour à cause du voile blanc.
En attendant que ces dames aient terminé de manger, j'en profite pour ranger les peaux de phoque intégrales sous mes skis, afin de les remplacer par les demies. Comme il n'y a pas de pentes trop raides, ça devrait le faire et en théorie, ça filera mieux sur le plat et en descente.
Allez ! La place se libère. À mon tour de prendre le petit déjeuner !
Il y a un grand chassé-croisé à l'entrée de la cabane. Ça n'arrête pas d'entrer et sortir pour préparer les pulkas dehors. Le groupe de français est déjà prêt et ils se mettent en route. Ils me promettent de me faire une belle trace. Ils me précèdent d'une bonne vingtaine de minutes.
Allez, à mon tour de démarrer. Au revoir Saarijärvi !
En route pour Kilpisjärvi
Me voilà parti pour Kilpisjärvi, le point de départ, et donc d'arrivée de ce trek. Mais la fin ne sera pas pour aujourd'hui, car j'envisage de continuer le lendemain, jusqu'au cairn des trois royaumes. Mais j'ai tout de même un doute sur mon point de chute de la journée. D'après la carte, j'aurai le choix de dormir à côté de la route, ce qui ne m'enchante guère, ou bien dans une réserve naturelle intégrale, ce dont je ne suis pas sûr de la légalité. Ou bien je peux me poser près des cabanes, qui sont fermées, juste avant l'entrée du village. Mais je risque d'arriver là-bas relativement tôt.
Hormis à la sortie du lac au bout de Saarijärvi, où il y a eu un petit passage un peu raide, je suis plutôt satisfait de mon choix d'avoir mis les demi-peaux de phoque. Ça glisse un peu mieux j'ai l'impression.
La bonne météo du jour me permet d'enfin découvrir les paysages que j'avais ratés le premier jour.
Ça glisse bien. Cette journée de repos m'a redonné de l'énergie. Et mes skis glissent mieux. J'aurais dû mettre ces peaux beaucoup plus tôt. Je commence à apercevoir Saana Fell au loin, le gros relief qui surplombe Kilpi.
J'avance tellement bien que je finis par rattraper le groupe de nantais quelques kilomètres avant le lac Tsahkaljärvi. J'en profite en les doublant pour demander à leur guide si c'est autorisé ou non de camper dans la réserve intégrale en hiver. Parce que je sais que parfois il y a des exceptions. Elle me dit que non. Ça règle la question. J'ai donc le choix entre m'avancer pour demain et dormir près de la route, ou poser ma tente avant Kilpi et avoir une plus longue étape le lendemain. Je n'ai pas encore tranché.
Vers midi, j'atteins l'autre rive du lac, où se trouvent ces fameuses cabanes à côté desquelles j'envisageais de m'arrêter pour aujourd'hui. Mince ! Je ne pensais pas arriver ici si tôt. Bon, en tout cas, c'est l'heure de manger. Je prends mon casse croûte en étant assis sur ma pulka. Les nantais sont là aussi pour prendre leur repas. Aux quelques accolades que je les vois se faire avec leur guide, j'en déduis que c'est le bout du chemin pour eux.
Je réfléchis à quoi faire de ce qu'il me reste de cette journée. L'endroit n'est pas terrible, il y a pas mal de promeneurs qui viennent depuis le village. Mais aller planter le camp à côté de la route, ça m'emballe encore moins. Je l'avais fait lors de ma dernière nuit sur le plateau du Finnmarksvidda en 2023 et j'avais trouvé ça trop déprimant. Ici au moins, ça parait encore à peu près sauvage et hormis les quelques motoneiges, je ne serai pas trop embêté par le bruit. Et petit détail qui a tout de même son importance pour le confort : il y a des toilettes.
Allez ! Je reste ici.
Camp Kilpi
Il aura donc fallu attendre la fin de ce trek pour que j'arrive enfin à me motiver pour sortir la tente. Bon, les conditions sont idéales. Il fait beau et il n'y a presque pas de vent.
Je me trouve un coin assez sympa, un peu caché et abrité sur un petit relief. Allez ! Je vais planter le camp ici, je devrais y être pas trop mal.
J'ai une vue imprenable sur Saana Fell.
Je suis bien installé.
Pour être sûr de ne pas avoir de souci le soir au moment de me faire, je teste mon réchaud comme j'ai le temps et que je ne l'ai pas encore sorti du séjour. Tout fonctionne bien, même très bien puisque je me fais même un litre d'eau chaude assez rapidement. Cette nouvelle popotte a l'air efficace.
Bon, il est encore relativement tôt. Je chausse les skis pour aller faire un tour dans les environs.
Je trouve des traces d'animaux dans la neige. Ici un lièvre.
Et là probablement un lagopède.
J'ai beau chercher, mais pas moyen de trouver les bestioles associées. Allez ! Je me suis assez promené. Retour au campement pour manger pendant qu'on y voit encore à peu près clair.
À la nuit tombée, le ciel est en partie dégagé, mais on sent que ça pourrait tourner rapidement. Il y a tout de même un léger voile nuageux. Ça danse au-dessus de la tente.
L'activité aurorale retombe un peu et c'est assez diffus.
Je ne pense pas que j'aurai mieux ce soir. Je vais me coucher.

Vos commentaires :
Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article
Publier un commentaire :