En attendant le retour

Le 13/06/2025

Jour 14 : repos total

Vu la journée infernale que j'ai passée la veille, aujourd'hui, c'est repos complet. J'avais envisagé d'aller au point où les trois frontières se rejoignent, mais franchement, vu l'état de ma motivation : même pas en rêve. Aujourd'hui, je suis en vacances !

Voilà la tronche de ma chambre... des fringues et du matériel à sécher étalés de partout... Je peux à peine poser un pied par terre.

J'exagère à peine, parce qu'en plus il y a un autre problème : mes pieds sont dans un sale état. Enfin juste un, toujours le même. Mes ampoules et écorchures qui avaient à peu près guéries, n'ont pas supporté les efforts intenses de la veille et j'ai tout arraché à nouveau. 

J'ai un mal de chien pour marcher avec mes chaussures. Pieds nus, ça va, mais dès que quelque chose appuie dessus, je boite. Je fais tout de même l'effort de me traîner jusqu'au restaurant de l'hôtel, puisque j'ai droit à un buffet à volonté pour le petit déjeuner. Alors après plus de dix jours à manger de la poudre et du sec, croyez moi que je ne vais pas me faire prier pour manger de bonnes choses. Jus de fruits, vienoiseries, yahourts, céréales, fromage, charcuterie, boulettes de viande ... tout y passe !

Je passe le reste de la journée dans ma chambre, à littéralement glander. Je regarde un peu tout ce que j'ai raté pendant mon absence (pas grand chose), je papote avec mes proches, je commence à raconter mon périples et à regarder les images que j'ai ramenées.

J'attends impatiemment l'ouverture du sauna, en fin d'après-midi.

J'en profite pour commencer à ranger et réorganiser un peu mon matériel, pour ce qui est déjà sec, histoire de pouvoir circuler un peu dans ma chambre. La tente est toujours en train d'égouter au fond de la douche.

Allez ! Il est l'heure d'aller me faire cuire à la vapeur.  Direction le sous-sol de mon bâtiment pour rejoindre le sauna. Bon ... ça fait du bien, mais je n'y reste pas longtemps, parce que se retrouver collé à des gros gars à poil qui puent la bière qu'ils sont encore en train de s'enfiler et qui gueulent pour se raconter leur journée en motoneige, ce n'est pas vraiment le genre d'ambiance qui me détend.

La nuit commence à tomber. Le ciel semble en partie dégagé. Je vais peut-être avoir encore une chance de voir des aurores. Je prends mon repas dans ma chambre. Je tape dans mon stock de rations, ça me fera ça en moins à ramener. Un "tir" depuis ma fenêtre me montre que ça commence déjà à s'activer dans le ciel.

Je prends tout mon matériel puis descends jusqu'au lac, en serrant les dents à chaque pas. Put*in que ça fait mal... !

Le ciel est rempli de très légères bandes vertes. Je pense qu'il vient de se passer quelque chose de gros, voire très gros, mais que j'arrive un peu trop tard. 

Ce sera confirmé plus tard lorsque je regarderai sur les réseaux sociaux et verrai que ceux qui étaient dehors au bon moment ont eu le droit à un sacré show.

En attendant, il reste quand même quelques arcs lumineux dans mon dos, mais rien de bien fou. Et puis je n'arrive pas à être inspiré par le cadre, au niveau composition photo. Je ne peux pas non plus trop me déplacer avec mon talon à vif là. Alors tant pis, ce sera tout pour ce soir.

Je rentre me coucher.

Jour 15 : en attendant le bus

La journée commence par des retrouvailles, puisque je tombe sur le groupe de Mike et de ses neufs clientes au restaurant pour le petit déjeuner. On se donne quelques nouvelles. Ils ont fait une pause d'une nuit à l'hôtel et vont continuer sur le cairn des trois royaumes. Ma journée va être bien différente de la leur. Je dois rendre ma chambre à 11h et ensuite attendre mon bus qui passe ... à 18h.

Je rentre replier tout mon bazar. Sans trop me presser non plus, parce que je vais déjà avoir bien assez le temps de me faire ch*er ensuite jusqu'à 18h.

Je suis un peu plus malin qu'à l'aller et met cette fois-ci mon sac de voyage à roulettes sur le dessus de la pulka, au cas où j'aurais besoin de la faire rouler. Je laisse tout ça dans le hall d'entrée de l'hôtel, face à l'accueil. Je rends ma clé et me pose dans un espace détente au fond du restaurant. Il y a des canapés. Au moins, ce sera confortable. Allez ... plus que 7h à attendre. Partir en excursion à la journée ? Non ... tout est rangé, prêt à partir. Et puis mon pied m'arrache encore. 

Pour tuer le temps, je vais faire un tour à la boutique de souvenirs à côté de l'accueil. Il faut que je ramène quelques bricoles pour mes proches. Et puis pour moi aussi. J'ai mes petites habitudes : chaque voyage je ramène de quoi ajouter une petite déco sur mes étagères ainsi que sur mon frigo, puis même chose pour chez mes parents.

Oh ! Ils ont tout plein de peluches super jolies. Ça aussi ça fait partie de mes petites traditions : ramener un animal emblématique de là où j'étais. C'est hyper varié, ils ont plein de trucs, j'ai envie de tout ramener. 

Et au milieu de tout ça, je tombe sur le Graal absolu ! Depuis le temps que j'en cherchais une et qu'il était impossible d'en trouver... Une peluche de lagopède ! Oui ! Vous avez bien lu ! Une peluche, de L A G O P È D E ! Incroyable !

Bon, je dois bien l'admettre, comparé aux autres animaux, elle est moche, mais il me la faut !

La caissière me fait marrer à me demander pourquoi celle-ci en particulier. Je suis bien embêté pour lui répondre, à part en évoquant la rareté de l'objet. Bref, me voilà l'heureux pocesseur d'une peluche de lago. Je sais que je vais faire quelques jaloux dans mon entourage de fans de grand nord et de photographie (véridique).

Retour à mon canapé, mais avec un lagopède.

Oui j'ai douze ans d'age mental. Et alors ? Qu'est-ce que tu vas faire ?

Bon, ça m'aura quand même occupé un petit moment cette histoire.

Pour me rassurer, je demande à l'accueil où passe exactement le bus. Ils me montrent l'endroit : pas devant l'hôtel, mais plus loin, en contrebas, le long de la route. Ça confirme ce que la compagnie de bus m'avait dit par mail.

Je me commande quelques trucs au restaurant pour grignoter et passer le temps.

L'heure approche enfin. Je sors, avec un peu d'avance. Mon côté anxieux ne veut vraiment pas que je rate ce bus. En bas je vois le lac qui m'en a tant fait baver il y a deux jours. Tout parait beaucoup plus calme aujourd'hui.

Je ne sais pas pourquoi, mais je sens une entourloupe avec cette histoire d'arrêt de bus. On me dit "en bas le long de la route", pourtant à l'aller il s'est arrêté devant l'accueil. Dans le doute, je me mets à un endroit où je vois les deux. Le bus arrive, et ... s'arrête devant la réception de l'hôtel. Super ! Je fais de grands signes au chauffeur et me dépêche de tracter ma pulka jusqu'à lui.

Bon, ça y est, mes miches sont posées sur un siège, tout baigne.

Le trajet, d'environ deux heures se passe bien. Nous avons un petit retard, mais c'est pile poil ce que j'avais anticipé lorsque j'ai commandé le taxi pour m'emmener de la gare routière de Tromsø jusqu'à mon AirBnb.

Je rejoins ma toute petite chambre en milieu de soirée. Il me reste encore une journée à passer à Tromsø, avant de prendre mon vol retour le samedi 22.

Jour 16 : journée détente à Tromsø

Pour ne pas avoir à me bousculer ou à être dans le stress, j'avais gardé une journée supplémentaire à Tromsø. Je n'ai pas grand chose à en faire, si ce n'est aller faire le tour des boutiques de souvenirs. Mon seul impératif : ramener au magasin le carburant que je n'ai pas consommé pour qu'ils me remboursent. 

Mais avant ça : détour par le port pour aller faire le plein de viennoiseries à la cannelle et à la cardamome pour se faire du bien aux papilles.

Arrivé au magasin de sport pour rendre mon carburant, le gars tire la tronche, me disant qu'il n'a pas de balance pour peser la cartouche de gaz et s'assurer que je ne lui ramène pas une bouteille entamée. Nan mais t'es sérieux mec ? Il est tout aussi suspicieux avec la bouteille d'essence et casse la scellée du bouchon pour s'assurer qu'il n'en manque pas. Mais ... mec ... le bouchon était scellé ! Tu le fais exprès ou quoi ? Bref, après quelques négociations, il finit tout de même par me rembourser.

Je passe la fin de la matinée à faire le tour des boutiques du centre commercial où je suis, par pure curiosité et pour tuer le temps.

Après avoir englouti un repas à emporter que j'ai ramené au chaud dans ma chambre, je me remets en route pour profiter une dernière fois de Tromsø. Je trouve que le centre ville a beaucoup changé depuis la dernière fois. Il y a bien plus de touristes et de boutiques de souvenirs.

La journée passe, la nuit tombe, la faim arrive. Je vais me caler dans un restaurant. Le même qu'avant mon départ. Pas très original, mais valeur sûre. Je célèbre mon retour avec un bon burger et une bouteille de cidre (oui, je suis plus cidre que bière). C'est un des inconvénients de faire les trucs en solo : la célébration de la victoire est un peu triste.

Sur le retour, je reçois des alertes aux aurores boréales dans tous les sens. Malheureusement, la couverture nuageuse est totale. Mince ! Je suis parti quelques jours trop tôt !

Jour 17 : fin.

Je finis de préparer mes bagages pour la toute dernière épreuve de l'aventure : amener tout mon bazar jusqu'à l'aéroport.

Je m'en sors pas si mal avec les bus, même si le mélange graviers / neige au pied de l'aéroport m'a donné du fil à retordre. Les guichets sont tous pleins à craquer, sauf celui pour les "besoins spéciaux". Ça tombe bien, avec mes bagages hors gabarit, je peux passer par là. Allez hop ! La pulka, les skis, le sac de voyage, c'est tout embarqué ! Ce n'est plus mon problème, au moins jusqu'à ce soir.

Reste à passer la sécurité. Petite inquiétude : mon sac cabine est bien au delà de la limite autorisée sur mon premier vol. Je crois que l'agent de sécurité me fait une réflexion à ce propos, mais je ne comprends pas ce qu'elle dit. Devant mon incompréhension, elle laisse filer. Elle n'avait pas l'air d'avoir envie de se prendre le chou et ça m'arrange.

Les vols s'enchaînent, Oslo, Amsterdam... et me voici arrivé à Lyon. Tous mes bagages sont là. Parfait ! Fin de l'histoire.

Un immense merci à celles et ceux qui ont suivi ce périple jusqu'au bout, quand j'étais là-bas, tout autant qu'après coup. Ça me fait plaisir et me motive de savoir qu'il y a du monde derrière moi et que quelque part, je ne vis pas ça complètement tout seul.

Cet article était déjà bien assez long comme ça, donc je ne vais pas trop m'éterniser. J'en écrirai encore un dernier dans quelques jours, pour faire le bilan de ce périple.

À bientôt !

Vos commentaires :

Par Catherine Marie le 13 juin 2025 à 13:28
Le logopédie est il aussi bavard que la cigogne de tes parents ? 😄 Bravo pour ce voyage et tes partages toujours aussi bien écrits... on vit l'aventure avec toi. Bisous

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faut pas croire ce que disent les journaux